Les différentes étapes de la transition

Les différentes étapes de la transition

Quelques lignes sur les trois types de transition pour les personnes transgenres

Remarque préliminaire :

Étant donné que chaque être humain est biologiquement différent, chaque transition est différente. Il faut donc éviter absolument de faire des comparaisons entre les transitions de deux personnes transgenres. Ce qui est vrai pour l’une ne l’est pas nécessairement pour les autres.

Certaines personnes veulent « transitionner » c’est-à-dire modifier certains aspects de leur personnalité et parfois même de leur corps afin de mieux refléter leur véritable identité de genre. Ils pensent ainsi pouvoir ne plus subir la dysphorie de la société vu qu’elles seront proches voir très proches du genre auquel elles s’identifie.

La transition n’est pas linéaire. Elle se fait suivant le ressenti et les envies de chaque personne concernée par le sujet. Au cours d’une transition, il peut arriver que cela devienne impossible à cause des problèmes d’accès aux services, des coûts que cela implique, ou encore d’expériences de rejet ou de violence, voire simplement de courage pour continuer sur cette voie

Définition de la transition identitaire :

La transition est le processus de changement du « rôle de genre » de façon permanente en accord avec l’idée de ce que signifie être un homme ou une femme ou « genderqueer » selon les normes sociétales occidentales.

Ce processus peut impliquer couramment l’hormonosubstitution et la chirurgie de mise en concordance des organes sexuels apparents. Mais, cela reste totalement à l’appréciation de chaque personne concernée car rien n’est plus obligatoire depuis la mise en application de la nouvelle loi sur le transidentité le 1er janvier 2018.

  1. La transition sociale:

Sans doute celle qui est le plus souvent adoptée. Elle consiste à exprimer son genre autrement que selon les normes et rôles associés au genre assigné à la naissance.

Par exemple, l’adoption d’un prénom et de pronoms adaptés à ce prénom choisi, le changement d’habillement, la gestion de la pilosité, le maquillage, le port de vêtements spéciaux destinés à cacher certaines parties du corps parce que celles-ci ne répondent pas au genre dans lequel la personne s’identifie.

C’est la plus fréquente et la moins onéreuse mais la plus dangereuse. Les personnes qui se contentent de seulement cette phase sont souvent confondues avec les « travestis » et sont très vulnérables en cas d’opposition à une ou des personnes transphobes. En cas de contrôle policier, elles sont amenées à entrer dans un processus de « justifications » qui risquent d’être peu ou pas compris.

  1. La transition légale

C’est sans doute la plus importante. Le reflet du prénom et du genre sur les documents d’identité est extrêmement important. En devant montrer leur document d’identité ne correspondant pas à leur identité de genre, 52 % des personnes transgenres affirment avoir du affronter de la transphobie verbale, sociale voire même physique.

Les modifications du ou des prénoms ainsi que du marqueur de genre sur les documents d’identité font l’objet de la loi du 25 juin 2017 parue au Moniteur belge du 10 juillet 2017 et entrée en application le 1er janvier 2018.

La procédure à suivre est la suivante :

  1. Première déclaration devant l’officier de l’état-civil de la commune du domicile. Cette déclaration dit que la personne à la conviction intime, constante et irréversible d’appartenir au genre féminin ou masculin suivant le cas, qu’elle se comporte tel que le genre qu’elle revendique le prévoit et qu’en conséquence elle demande la modification du marqueur de genre sur son acte de naissance et ses documents d’identité et qu’elle souhaite modifier son ou ses prénoms de la manière suivante. Elle mentionne alors son ou ses prénoms actuels en les faisant suivre du ou des prénoms qu’elle souhaite voir mentionnés sur ses documents d’identité.
  2. Trois mois plus tard, elle se présente à nouveau devant l’officier de l’état-civil et refait identiquement la même déclaration. Si le procureur du Roi n’a pas émis d’avis défavorable ou s’il n’a pas émis d’avis tout simplement, l’officier de l’état-civil établit l’acte modifiant le marqueur de genre et le ou les prénoms et fait le nécessaire pour procurer une nouvelle carte d’identité mentionnant les modifications souhaitées.

Ces changements engendrent des frais qui peuvent devenir assez importants si ces modifications doivent être faites dans plusieurs organismes qui réclament des frais pour exécuter les modifications (Banques, actes notariés, organismes de financement…)

Au niveau communal, les frais sont nuls en ce qui concerne la modification du marqueur de genre sur l’acte de naissance. La modification du ou des prénoms entraîne des frais d’un montant égal à 10% du montant prévu dans le règlement communal pour le changement de prénom par une personne cisgenre. La délivrance d’une nouvelle carte d’identité sera également soumise au payement d’un montant variant d’une commune à l’autre (entre 0 € et 25 €, rarement plus).

  1. La transition médicale:

La première étape de cette transition est l’hormonothérapie masculinisante ou féminisante. Elle permet le développement des caractéristiques sexuelles secondaires reflétant mieux le genre que la personne souhaite montrer.

Par exemple : les hormones masculines feront apparaître la barbe, la moustache et une voix plus grave chez le garçon trans tandis que les hormones féminines feront grossir la poitrine et les hanches mais ne modifieront pas la voix chez la fille trans

La deuxième étape est réalisée par la chirurgie de confirmation de genre.

Par exemple : chez le garçon transgenre : la mastectomie (=ablation des seins), la phalloplastie (=réalisation d’un néo-pénis)

chez la fille transgenre : la mammoplastie (=implantation de prothèses mammaires), la vaginoplastie (=création d’un néo-vagin)

D’autres chirurgies non génitales sont parfois possibles également telles que : la féminisation de la voix par augmentation de la tension des cordes vocales ou encore l’augmentation du volume des hanches et des fesses par insertion d’implants.

Pour le corps médical, ces interventions sont soumises à un avis préalable d’un psychiatre et à un suivi psychologique.

Les « Gender Team »

Ces équipes médicales de genre n’ont rien de légal. Ce sont des équipes «autoproclamées» qui ont pour but avoué de vouloir aider les personnes transgenres dans leur transition médicale. En imposant un avis préalable d’un psychiatre, elles vont à l’encontre de l’autodétermination des personnes transgenres et sont en contradiction avec la nouvelle loi sur la transidentité.

Leur politique laisse quand même penser qu’elles poursuivent avant tout un but commercial en profitant du fait qu’en Belgique, il n’y a aucune loi concernant l’aspect médical de la transition. Le Canada et la France ont instauré des principes qui balisent les actes médicaux. À notre avis, le législateur belge devrait s’en inspirer pour qu’il y ait un peu plus d’équité entre les différents tarifs exigés par le corps médical.

Actuellement, il y a en Belgique deux Gender Teams autoproclamées. Bientôt une troisième équipe nettement moins psychiatrisante sera également constituée.

  1. La plus importante se trouve à l’UZ Gent. Elle est composée d’un endocrinologue, chef de service, d’un psychiatre, de deux psychologues, d’un psychologue pour enfant et d’un chirurgien.
  2. Une seconde équipe se trouve au CHU Brull Liège. Elle est composée d’une endocrinologue, d’un psychiatre et d’un psychologue. Elle ne dispose pas de chirurgien.
  3. Une chirurgienne indépendante exerce à l’hôpital du Chirec à Auderghem.
  4. Depuis peu, une équipe médicale se voulant « plus respectueuse » des personnes transgenres est en train de se constituer au CHU de Liège. Par « plus respectueuse », je veux dire que les médecins qui y exercent n’exigent plus d’office un suivi psychologique. Ils veulent avant tout que les personnes transgenres, qui vont les consulter, sentent qu’elles sont écoutées. Actuellement, un endocrinologue et un gynécologue obstrétitien sont déjà actifs en faveur des personnes transgenres. Deux chirurgiens sont en formation à l’étranger pour venir compléter cette équipe qui d’ici une ou deux années sera tout-à-fait complète et opérationnelle. Les chirurgiens devraient exercer au CHU Les Bruyères Liège ou au CHU du Sart Timan Liège. Les premiers contacts que j’ai eu avec ces deux médecins m’ont laissé une excellente impression laissant présager que ce sera une Gender Team vraiment sympathique.

Les personnes intéressées par une procédure de transition et qui se posent des questions peuvent contacter Lola Nicolas, responsable du groupe transidentitaire de la Maison Arc-en-ciel par l’envoi d’un mail à l’adresse : trans@lgbt-lux.be


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