De l’homophobie ordinaire…

De l’homophobie ordinaire…

J’ai la chance de n’avoir jamais croisé dans ma vie de « réels » homophobes. Au contraire, je me sens relativement chanceux car autour de moi je me sens reconnu et accepté tel que je suis.

Pour une fois, j’ai envie de raconter une petite anecdote qui m’est arrivée récemment. Après tout, cette rubrique est aussi faite pour aborder son quotidien.

Je suivais mon cours du soir d’anglais. Les membres de la classe ignorent tout de mon orientation, à part deux filles et le professeur.

Pendant ce cours, le professeur met en place un jeu de rôle : des personnes inconnues se posent des questions avant un rendez-vous. Le professeur appelle deux filles. Aussitôt, le contexte fait rire. Trois élèves se mettent à faire des commentaires moqueurs avec des mots devenus anodins : tapette, tarlouze, pédale…

Moi je ne dis rien. Cela ne m’affecte pas. Cependant, je ne peux m’empêcher de penser que dans la classe, il y a peut-être une autre personne LGBT qui entend ces termes et peut en être blessée.

J’ai envie de me lever et de leur dire, mais je me tais. Je suis lasse de devoir recommencer le même discours, de dire combien c’est blessant de se sentir diminué. Redire encore que tant qu’il y aura ce genre de discours, il y aura des personnes LGBT qui préfèreront taire leur orientation ou encore en finir avec la vie.

Je voudrais me lever au nom de mes valeurs… je devrais. Mais pour une fois je me tais. Même si je leur explique, ce n’est pas sûr qu’ils comprennent. Parce que une fois de plus, ils me diraient « ce ne sont que des mots » « c’est pour rire » « tu sais, j’ai ami gay.. » ou encore « arrêtez de jouer les victimes».

Je pense que je préfère affronter un bataillon de vrais homophobes que ceux que je qualifie de faux-gentils. Je sais très bien que la différence est sujette à moquerie et que cette moquerie est rassurante. Je sais très bien que c’est humain mais cela ne m’empêche pas de penser que tant que ce phénomène existera, certains d’entre nous se cacheront.

Il y  a des jours où les « héros » sont fatigués…


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